20 ans du VFCO: interview exclusive avec Mao Fujita

Publié le 13 oct. 2026

Il y a vingt ans naissait une vision audacieuse : créer un orchestre de chambre professionnel entièrement composé d’anciens membres du Verbier Festival Orchestra. Aujourd’hui, le Verbier Festival Chamber Orchestra (VFCO) est devenu un ensemble remarquable, portant l’esprit de Verbier dans les salles de concert de tous les continents.
En cette année anniversaire, cette série de newsletters donne la parole à celles et ceux qui font vivre cet orchestre extraordinaire.

Dans quelques jours, le VFCO s’envole pour sa première tournée au Japon : six villes, d’Osaka à Nagoya, avec une étape au Suntory Hall de Tokyo. Au programme, Beethoven, et au piano Mao Fujita, que le public japonais connaît bien. Avant le départ, le pianiste et Gábor Takács-Nagy, Directeur Musical du VFCO, nous ont parlé de cette aventure.

MAO FUJITA

PIANISTE & ANCIEN DE L’ACADEMY

Né à Tokyo en 1998, Mao Fujita compte parmi les talents révélés par la Verbier Festival Academy. Lauréat du Concours Clara Haskil et médaillé d’argent au Concours Tchaïkovski, il se produit aujourd’hui sur les plus grandes scènes internationales.

GÁBOR TAKÁCS-NAGY

DIRECTEUR MUSICAL DU VFCO

Gábor Takács-Nagy est l’une des figures les plus attachantes du monde de la musique de chambre : fondateur du légendaire Quatuor Takács, il s’est réinventé chef d’orchestre sur le tard, avec un enthousiasme et une joie communicative qui font sa signature.

Que représente cette tournée pour vous ?

Gábor Takács-Nagy : Elle compte énormément, pour moi comme pour l’orchestre. Nous aimons jouer ensemble, et que Mao nous accompagne est une chance extraordinaire. C’est un jeune artiste remarquable, d’une grande créativité, et je sais combien le public japonais l’aime, ce qui n’a rien d’étonnant.

Mao Fujita : C’est très particulier pour moi. Mon aventure musicale a commencé ici, à Verbier. J’y suis venu pour la première fois en tant qu’artiste à 22 ans, pour donner l’intégrale des sonates pour piano de Mozart. Depuis, je reviens chaque année. À chaque retour, je retrouve des visages familiers, et ces liens se renforcent d’année en année. Je connais Gábor et le VFCO depuis longtemps, et partir en tournée avec un orchestre et un chef que je connais si bien, chez moi au Japon… J’attends ce moment avec beaucoup d’impatience.

De Verbier au Japon

Gábor Takács-Nagy : L’orchestre et moi partageons tous une profonde affection pour le Japon, dont nous admirons la culture. Nous jouerons notamment au Suntory Hall, à Tokyo. J’y ai dirigé deux concerts l’an dernier avec le Japan Philharmonic Orchestra. J’aime cette salle, et ce public… C’est un pays et une culture fascinants.

Mao Fujita : Jouer avec eux au Japon, dans mon pays natal… c’est difficile à exprimer. Nous nous produirons dans six grandes villes, ce qui est formidable. Nous parlons sans cesse de Verbier et de ce qui rend ce lieu si particulier, le public japonais en entend beaucoup parler. Il a très envie d’entendre à quoi ressemble Verbier. D’ici quelques jours, ce sera enfin possible. Nous jouerons les Concertos pour piano N° 1 et N° 2 de Beethoven…

Gábor Takács-Nagy : Et ses deux premières symphonies. Ce qui est passionnant, c’est de voir que dès ses premières œuvres, Beethoven atteint déjà un niveau phénoménal.